Histoire du vin et le vin dans l’histoire à travers les siècles

Poursuivons

Pendant un siècle et demi, de 1800 au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, de nouvelles relations s’établissent entre un peuple et ses vins.
L’offre et la demande croissent parallèlement et le vin devient la boisson populaire désormais constitutive de l’image du Français. L’historien britannique Théodore Zeldin a pu écrire que le peuple français « acquiert tout d’un coup, en même temps, le droit de vote et le droit de boire ». L’historien français Didier Nourrisson a récemment fixé les traits de ce « buveur du XIXe siècle »(1).

La hausse des quantités de vin consommé accompagne, non sans distorsions graves et parfois même dramatiques, comme en 1907, celle des quantités produites.
Il s’y ajoute une diversification accrue des types et des qualités de vin, qui grâce aux progrès techniques de la viticulture, de la vinification, des transports et de la distribution, s’ajustent de mieux en mieux à la demande sociale.
Le monde rural qui constitue encore les trois quarts de la population au début du XIXe siècle, et encore la moitié en 1931, s’ouvre très largement à la consommation régulière du vin, y compris dans les régions non productrices. Le monde ouvrier se développe, se concentre, s’organise, connaît une augmentation lente mais régulière de son pouvoir d’achat et forme, vers 1900, le premier ensemble de consommateurs. Les privilégiés de la naissance et de la fortune exigent et obtiennent toujours plus de diversité et de qualité, se constituent des caves et découvrent d’autres moments, d’autres lieux et d’autres façons de boire.

La science œnologique commence à s’élaborer tandis qu’avec les guides de voyages et de gastronomie apparaissent des incitations à rechercher des accords entre les mets et les vins.

En contrepoint, depuis que le médecin suédois Magnus Huss a désigné, en 1852, par le nom d' »alcoolisme », l’ensemble des symptômes pathologiques causés par l’abus d’alcool, la science médical mais aussi les mouvements hygiénistes et les ligues moralisantes de tempérance mettent le vin en accusation, alors même qu’il est de plus en plus célébré par la littérature, représenté en peinture et médiatisé par l’affiche et la publicité.

Vins de paysans, vins d’ouvriers, vins de bourgeois se complètent et s’opposent donc dans cette nouvelle société de classes désormais de plus en plus affrontées. Le vin se charge alors de messages sociaux, politiques et nationalistes; de 1914 à 1918, le « vin du poilu » est celui de l’union sacrée avant d’être celui de la victoire. Si les vins de l’alcoolisme conduisent à la déchéance physique et morale, au malheur, à la maladie et à la mort, les vins de l’ivresse apportent l’oubli, la joie, le bonheur et la puissance créatrice.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération.

Ampelos : partageons la culture du vin.

(1) D. Nourrisson, le Buveur du XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1990.

journal