L’origine de nos cépages à la naissance de nos vignobles

La viticulture dépasse Narbonne puis le seuil de Naurouze au milieu du I er siècle. Elle atteint la région de Gaillac, qui fournissait déjà des amphores. Le vin pouvait être transporté en barque sur le Tarn, navigable, moins capricieux et divagant que la Garonne toulousaine.Roger Dion fait l’hypothèse que l’on cultivait alors à Gaillac le cépage rouge de « diracina » qui , selon lui aurait pu donner Duras (?) et un cépage blanc, ancêtre du len de l’el occitan (« loin de l’oeil »). Plus à l’ouest,le peuple gaulois des Bituriges Vivisques consomme beaucoup de vin et en réexpédie sur l’océan; à la différence des Allobroges, il n’a pas de cépage local et il doit donc en importer.
Le plant biturica, selon Louis Levadoux, ne serait pas venu de l’Espagne cantabrique mais de la vallée pyrénéenne d’Aspe. Une lambrusque sauvage y aurait fourni des boutures à l’origine du lambrusquet du Jurançonnais et de la vidure bordelaise, ancêtre du glorieux cabernet. Comme Stabon en 14 avant J.-C ne mentionne pas de vignoble à Burdigala et que Pline, en 70, cite la vitis biturica à l’égal de l’allobrogica, on peut retenir le milieu de ce I er siècle pour dater les débuts du vignoble bordelais. La conquête de la Bretagne – l’actuelle Angleterre -par l’empereur Claude en 43 suscita sans doute un gonflement des exportations atlantiques.
C’est au II e siècle qu’un vignoble aurait pu apparaître chez les Turons : dans la vallée de l’Indre, où un pressoir de pierre a été retrouvé à Cheillé au lieu-dit du Grand Marion.
Le plant bordelais de cabernet franc, futur breton, serait-il déjà arrivé en Val de Loire au II e siècle ? Il faut attendre le VI e siècle et le témoignage de Grégoire de Tours pour attribuer à l’abbé saint Mesmin et à l’évêque Saint Martin la naissance de la viticulture tourangelle.
On est dans la même incertitude sur un possible vignoble champenois au II e siècle, au pays des Rèmes. L’attesterait une scène de vendanges du calendrier rural de la « porte de Mars », retrouvé au siècle dernier en réemploi dans l’abbatiale Saint-Rémi de Reims; la scène représente le pressurage de raisins et elle a été datée de la fin du II e siècle, mais rien ne prouve qu’elle illustre une activité locale.Dernière création probable d’un vignoble gallo-romain, les vignes du pays beaunois. On n’en sait pas grand-chose. Pas la moindre découverte archéologique et un seul texte sous la forme d’une supplique adressée en 312 par les habitants d’Autun, propriétaires de ces vignes, à l’empereur pour qu’il leur accorde un dégrèvement d’impôt, car leurs vignes sont « épuisées de vieillesse » et ne produisent plus. Ils précisent que cet épuisement provient d’un entrelacement des racines. Pour les spécialistes, c’est le résultat de provignages répétés qui ont resserré les ceps à l’excès pendant une duré au moins égale à une centaine d’années. Le vignoble beaunois daterait donc de 200 après J.-C. environ.

Ampelos : partageons la culture du vin.

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