Aux sources du vin en Arménie.

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En des temps bibliques reculés – à la fin du déluge pour être précis – l’Arche de Noé s’échoue au sommet du Mont Ararat. Noé met pied à terre, descend de ces hauteurs et gagne la vallée où il plante le premier pied de vigne! Plus scientifiquement, en 2007, une équipe internationale d’archéologues met au jour, dans une grotte sur la commune d’Areni dans le sud-est de l’Arménie, les restes d’un ancien fouloir, une cuve, des fragments de poteries, des pépins et même des pédicelles vieux de plus de 4000 ans av. J.-C. Le nombre élevé de pièces donne aux archéologues la certitude d’être en présence d’un des premiers chais de l’humanité ! De leur côté, les paléo-botanistes confirment que les pépins de raisin retrouvés sont bien du type vitis vinifera vinifera avec lequel on produit le vin. Des traces de malvidine, un pigment rouge indiquant la présence de raisin, renforce la présomption d’une activité viticole néolithique organisée !

On sait depuis longtemps que la viticulture en Arménie est l’une des plus anciennes du monde. Il se pourrait même que ce soit en Arménie que la vigne sauvage muta en vigne cultivable, et que les hommes en tirèrent les premiers crus! Depuis, du… vin a coulé sous les ponts ! Après des siècles de savoir-faire viticoles, les campagnes anti-alcooliques de Gorbachev qui donnèrent lieu à des campagnes d’arrachage, l’effondrement de l’Union Soviétique et la désorganisation du secteur viticole arménien qui s’en suivit, plongèrent ce secteuri dans un profond marasme. On assiste pourtant depuis une décennie à la renaissance du vignoble arménien. Celui-ci compte de nombreux atouts dont ses climats, ses sols et ses variétés de cépages indigènes épargnés par le phylloxéra, parmi lesquels le Mskhali, le Garandmak, le Voskehat, le Kakhet, le Karmrayut, le Nerkeni, le Tokun, le Megrabuyr, le Anait et le Areni. Ce dernier a littéralement envoûté un chroniqueur de Bloomberg qui a classé un Zorah Karasi Areni noir parmi les 10 meilleurs vins du monde en 2012. « 6000 ans dans un flacon » vantaient les responsables du domaine Zorah !

L’Arménie se lance dans la compétition mondiale, bien décidée à conquérir une part du marché mondial du vin ! Le gouvernement arménien compte sur les exportations de vin et de cognac (brandy) pour booster son économie. L’Arménie produit actuellement environ 44 000 hectolitres de vin par an dont environ 80% sont exportés en l’Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. Aujourd’hui, de gros investisseurs étrangers comme Pernod Ricard qui a acquis la Yerevan Brandy Company, une des plus grandes sociétés de production de vin et de brandy d’Arménie, s’intéressent très sérieusement au vignoble arménien. Sa surface qui se situe à l’heure actuelle autour de 15 000 ha et que se partagent 20 domaines, a un réel potentiel de développement. De son côté, l’Armenia Wine Company, l’autre grande société du secteur, bien consciente de ce potentiel, a confié la direction technique de son vignoble et de ses caves à un français. Des profils comme celui de Jean-Louis Terras, vinificateur expérimenté qui a longtemps œuvré dans le Bordelais et le Minervois après un détour par l’Algérie et le vignoble voisin de Géorgie, intéressent tout particulièrement ces sociétés qui ambitionnent de rivaliser avec les meilleurs vins. L’Arménie représente un intérêt supplémentaire que son secteur touristique a bien compris. Outre des paysages spectaculaires, de petits producteurs pratiquent encore des méthodes ancestrales de vinification dans de grandes jarres en terre cuite! Il ne vous reste plus qu’à prendre votre billet pour faire l’expérience d’un vin qui remonte à la nuit des temps.

Ampelos : partageons la culture du vin !

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