Le verre dans tous ses états !

Design Sebastian Bergne Ltd.

 

Qui du vin ou du verre est apparu le premier ? La question résonne étrangement comme celle de l’oeuf et de la poule… Mais, laissons cela aux spécialistes !

Quoiqu’il en soit, depuis ses origines, le verre à vin s’est tant et si bien démultiplié, qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. Ballon, Tulipe, Blida, coupe, flûte, Impitoyable, verres régionaux, verre INAO1, lequel choisir ? « A chaque vin son verre », semble nous dire une célèbre marque, qui ne compte pas moins de 160 modèles à son catalogue ! Imaginez, dans ces conditions, à quoi pourrait ressembler la table d’un repas bien arrosé : un alignement interminable de verres, en un mot un encombrant casse-tête ! Pour simplifier notre vie d’amateurs, retenons qu’il existe quatre grands types de verres à vin : le verre à Bordeaux, le verre à Bourgogne, le verre à Sauvignon blanc et la flûte pour les vins pétillants. Chacun a une forme spécifique destinée à mettre en valeur bouquet, goût et robe des vins auxquels on les destine. Dans un prochain billet, nous vous parlerons des verres à whisky, cognac, cocktails et autres apéritifs qui ont leurs caractéristiques propres. Concentrons-nous aujourd’hui sur les verres à vin !

Mise en valeur du bouquet

Lorsque l’on verse du vin dans un verre (en veillant à ne pas dépasser l’épaule !), il s’évapore petit à petit en révélant différents arômes, qui s’étagent dans le calice en fonction de leur densité. Plus le verre est grand et son bord large, plus le vin est aéré. Les arômes les plus légers, les plus volatils, ceux de fleurs et de fruits. se nichent dans la partie supérieure du verre. Sa partie intermédiaire est occupée par les arômes végétaux et minéraux, ceux de terre et de champignons. Les arômes les plus lourds, tels le bois et l’alcool, restent au fond, dans la paraison. Il s’agit alors de choisir la forme de verre la mieux adaptée. Les grands verres conviennent aux vins rouges de caractère. Ne dit-on pas « A grand vin, grand verre » ?! A l’inverse, les petits verres sont mieux adaptés aux vins blancs aux arômes plus fragiles et volatils.

Mise en valeur du goût

Il faut savoir, que la forme du verre joue aussi sur le goût par l’inclinaison de la tête du buveur qu’il induit. Celle-ci influe sur l’arrivée du vin dans la bouche et les capteurs du goût qu’il atteint en premier. Les verres largement ouverts vous forcent à baisser la tête, alors que ceux plus étroits vous obligent à pencher la tête en arrière. Un verre évasé dirige le vin sur le bout de la langue, où se trouvent les capteurs sensoriels du sucré. Un tel verre fera alors ressortir le fruité d’un vin rouge par exemple. Un verre fin et resserré va accélérer l’arrivée du vin vers le fond de la bouche, où se situent les capteurs de l’amer. Ce verre permettra, par exemple, à un champagne brut de pleinement s’exprimer.

Mise en valeur de la robe

Sobre, incolore, transparent, propre, fin, au bord net et poli, un verre vous permettra d’admirer son contenu. Il en révèlera la robe, la transparence, la couleur, vive ou profonde, le gras et les larmes. Il vous en dévoilera la jambe, épaisse ou fine. Il comblera l’oeil, comme il participe à exhaler le goût et le nez ! Evitez à tout prix les verres en plastique. Seuls le verre et le cristal seront dignes de figurer dans vos placards d’amateurs éclairés ! Un petit mot sur le lavage : il est recommandé de laver vos verres à la main, à l’eau chaude et sans produit détergent, de les rincer à l’eau claire et de les essuyer avec un torchon sans peluches ou un papier absorbant. Qu’on se le dise !

 

Pour résumer, le verre à Bordeaux est grand et haut. Son ouverture large permet au vin de profiter d’une bonne oxygénation. Il est fait pour les vins ronds qui ont du corps. Le verre à Bourgogne est arrondi avec un calice plus large qui se ressert vers le haut pour une aération plus restreinte. Il ressemble à un verre à Cognac, que l’on tient dans le creux de la main en faisant doucement tourner le vin dans le calice. Il permet d’accumuler les arômes des vins rouges plus délicats, tels le Grenache et le Pinot noir. Il dirige le vin sur le bout de la langue comme le premier. Le verre à Sauvignon blanc est plus petit, tout en conservant un bol suffisamment large pour mettre en valeur les saveurs fraîches et les nuances délicates des vins légers, qui ne nécessitent cependant pas d’oxygénation. Le vin arrive au milieu de la langue. La flûte (la coupe, trop large, est à proscrire ! Elle laisse se disperser les bulles et s’évaporer les arômes !) pour les vins pétillants est longue et étroite. En la tenant par son long pied, vous éviterez de réchauffer votre champagne par exemple. Sa longue cheminée mettra en valeur les bulles qui s’étirent en long cordon vers le haut. Votre pétillant touche en premier lieu le bout de la langue et révèle ses notes fruitées et sa fraîcheur.

Après ces explications, il ne reste plus qu’à vous souhaiter une bonne dégustation ! 

N.B. Votre sommelier-caviste, Hervé Beaudron, vend à la cave Ampelos quelques modèles de verres à dégustation. Vous pouvez aussi lui passer commande de verres spécifiques.

1Institut National des Appellations d’Origine des vins et eaux-de-vie (le verre INAO est le verre officiel utilisé lors des dégustations de vins)

Commentaires ( 4 )

  1. Pour du Champagne, vous êtes flûte ou coupe ? | Du côté de chez PLK

    […] Enjoy. Sources : Histoire du champagne – Avis vins du Figaro – le verre dans tous ses états […]

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